Aux plexus de Marjolaine Beauchamp

Il y a 2 semaines, j’avais réussi à m’extirper de ma morosité pour écrire un review pseudo-profond d’Aux plexus de Marjo. Un truc où je parlais de moi, de ma peur constante d’être jugé, de ma difficulté à m’affirmer pour ce que je suis parce que j’ai toujours l’impression qu’on ne me comprendra pas, qu’on voudra lire plus que ce que je dis dans ce que je dis.

J’y parlais aussi de comment j’ai fait le choix dans la vie de faire peur pour éviter de me retrouver à faire face à des situations où j’avais peur. J’ouvrais sur les questions de dissonance identitaire, je faisais un clin d’oeil à cet article, et je discutais du fait que Marjo me nourrissait dans ce parcours étrange que je dois faire pour accepter que ce qui est laid chez moi soit aussi parti de moi. Que personne ne rentrera jamais parfaitement dans les cases et qu’il y a une solidarité à penser dans cet extérieur de la case. Quelques choses comme une manière d’accueillir l’autre sans jugement; de chercher à le comprendre plutôt qu’à chercher à en mesurer les inaptitudes.

J’avais écrit des trucs super personnels, où je discutais de comment j’ai tout un tas de tensions internes qui lutte avec les identités qu’on m’assigne, même si j’accepte que l’on m’en assigne parfois.

Je ne sais pas pourquoi, mais le texte s’est perdu entre la touche ‘send’ et le serveur WordPress, donc tout est perdu.

Et je n’ai plus le courage de recommencer.

Mais je voulais dire que Marjo me touche, qu’elle me permet de voir la beauté dans le fait d’être authentique dans ce qui ne respecte pas le cadre des attentes et identités sociales.

Genre qu’on s’en criss qu’une gang de vieux caves aient décidés lors d’un congrès ou je ne sais quoi qu’une mère doit être parfaite tout le temps, qu’elle doit se sacrifier pour son enfant et qu’elle ne doit surtout jamais avoir envie d’abandonner.

J’aime plus les humains que les mères dans la vie.

Je m’explique, tant mieux si une personne est instinctivement la meilleure mère, propre pis droite, du monde qui est aimante et appropriée tout le temps. Mais ce n’est pas intéressant pour moi.

Perso, Dieu et Superman m’ennuient; les gens qui n’ont pas à lutter avec eux-mêmes pour faire ce qu’il croit être le bien, je ne les truste pas anyway. Ce n’est pas vrai qu’ils ou elles ne vont jamais te chier dans la pelle, ils ou elles vont juste le faire sans le savoir.

Une pelle qui se remplit de merde par magie, ça me fait particulièrement chier.

Quand je lis Marjo, je me retrouve dans cette tension entre « être qui on est » et « être qui on voudrait être », un genre de devoir de loyauté qui ne ment pas sur le fait que le devoir n’est devoir que lorsqu’on n’a sérieusement pas envie de le faire.

Bref, c’est bon et c’est à lire.

Pour commander.

Extrait:

Je ne vais plus crier
Promis
Je suis fatiguée
Je suis répandue

Quand j’aurai le dos tourné
Je t’aimerai comme une mère
Tu seras déjà au secondaire
Et moi je serai vieille et moche

Je ne peux pas tenir ta tête
Y va falloir que tu sois fort
J’te promet rien
Mais je veillerai
Silencieuse

À attendre une guerre où me battre pour toi

Le Ti-Jésus, Marjolaine Beauchamp, Aux Plexus, p. 64.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s