Aux plexus de Marjolaine Beauchamp

Il y a 2 semaines, j’avais réussi à m’extirper de ma morosité pour écrire un review pseudo-profond d’Aux plexus de Marjo. Un truc où je parlais de moi, de ma peur constante d’être jugé, de ma difficulté à m’affirmer pour ce que je suis parce que j’ai toujours l’impression qu’on ne me comprendra pas, qu’on voudra lire plus que ce que je dis dans ce que je dis.

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Slapshot dans les dents et autres inconforts

Ian Laperrière

Vous écoutez les games de hockey?
Moi non. Je n’ai pas le câble chez nous et je ne suis pas très très partisan dans la vie, mais une fois de temps en temps, je sors prendre une bière avec mes amis et on écoute la partie. Pas parce qu’on souhaite profondément voir comment se porte le Canadiens(il va mal vous dites?), mais surtout pour la beauté de voir du monde se défoncer corps et âme pour un bout de rubber.

J’ai l’air de me moquer, mais non, je trouve ça intéressant de voir dix gars tout donner pour un truc aussi abstrait qu’une victoire. Vous savez qui sont mes joueurs préférés? Non, ce n’est pas Sydney Crosby, ce n’est pas les gardiens. Non, les joueurs que j’aime le plus, ils s’alignent généralement sur le troisième ou le quatrième trio, ils gagnent pas nécessairement des salaires impressionnants et leurs statistiques ne sont pas les plus trippantes. Moi, quand je regarde le hockey, j’aime voir des Steve Bégin, j’aime voir des Ian Laperrière, j’aime voir des gens qui y croient.

Croire, pas en eux, pas dans le sens de fraichement chier, non. Croire, aux autres, en leur équipe, croire que la victoire en vaut la peine.

En préparant ce texte, je suis tombé sur cet article à propos de Ian Laperrière: Lien.

Un slap shot dans la face, pas de grille, rien. 7 dents en moins et 20 minutes plus tard, il rembarque sur la glace pour jouer. Sérieusement, je ne sais pas pour vous, mais moi, j’aurais pris off pour la soirée.

-Mais Olivier, pourquoi tu nous parles de hockey?

-Parce que, j’aime bien prendre mon temps pour présenter une idée, j’ai l’impression d’être plus clair comme ça…

-Mais de quoi tu veux parler d’abords?

-De la grève étudiante. Tu vois, ça brise tout de le dire drette sec comme ça.

-C’est quoi le rapport?

-Ben justement, il y a pas longtemps, j’expliquais que je voulais parler de droit à l’éducation et je disais que je ne voulais même pas parler de financement de l’éducation, mais juste de l’obligation morale d’assurer l’accès à l’éducation.

-Ouais, on a compris, pis là?

-Ben là, je m’adresse juste aux gens qui sont contre la hausse, mais pas pour la grève.

-Vas-y parle d’abord pis arrête de niaiser dans tes dialogues.

Si vous le dîtes, monsieur le lecteur, c’est vous le patron! Ian Laperrière a eu le visage démonté en morceau, on a beau dire ce qu’on veut sur son salaire, son contrat, sur tout ce qu’on veut. Rien dans le monde ne l’obligeait à se poser une grille et à rembarquer sur la glace. Enfin, si, il s’obligeait à rembarquer, lui, sa morale. Dans certains milieux, on appelle ça en prendre une pour l’équipe. Au hockey, c’est de se coucher devant une puck qui fonce, au football, c’est de se faire rentrer dans les genoux pour un gain de deux verges, dans l’armée, c’est de se coucher sur la grenade pour limité les morts.

L’idée est simple, c’est de se sacrifier pour le bien commun, c’est d’accepter un inconfort pour éviter pire à autrui. Ça se résume par de l’altruisme. Où je veux en venir? À la saleté de grève étudiante, je l’ai déjà dit. Ce que je pense de la grève? Moi, personnellement, elle m’avantage un peu, j’ai plein de rédaction à faire pour mes cours, ça me donne un délai que je ne planifiais pas, tant mieux. Il reste que, ça me fait un peu chier quand même, je suis en appartement, ma mère m’aide du mieux qu’elle le peut, mais pour moi, la période estivale est une période faste. Je travaille à temps plein, j’économise un peu, je ne me casse pas la caboche, je peux m’étendre dans l’herbe d’un parc lors de mes journées off au lieu de m’enfermer et de pianoter sur mon clavier. Donc, j’aime bien l’été, j’aime bien finir ma session, j’aime bien aller à mes cours et apprendre, pas nécessairement pour le diplôme, surtout parce que je trouve ça stimulant. En bref, la grève, elle me casse les couilles. Moins qu’à d’autres, je l’avoue, mais elle m’énerve tout de même.

Pourtant, je suis fier d’être en grève, parce que malheureusement, c’est historiquement la seule option afin de bloquer une hausse des tarifs universitaires, aucune autre ne s’est montrée efficace pour faire reculer un gouvernement en la matière (Historique içi) et je ne vois aucune alternative dans l’instant.

Donc, la grève, c’est la solution pour bloquer la hausse des frais de scolarité. Soyons réaliste, le pire du pire que le gouvernement peut faire, c’est annuler une session, ce qui n’est jamais arrivé d’ailleurs, mais dans le pire des cas, le gouvernement annule une session et il doit céder à la session suivante, car le Québec ne peut pas se passer de nouveau diplômé, l’impact économique serait effroyable. Bref, dans le pire cas, nous, collectivement, perdons une session. Ça ferait chier, je suis totalement d’accord, mais c’est le pire scénario et il inclut un décalage de 6 mois dans votre vie. Si nous ne passons pas cette grève cependant, les estimations parlent de plusieurs milliers d’étudiants qui n’auront plus accès à l’université, des milliers de vies que l’on bouleverse dans leurs totalités pour s’éviter, au pire, 6 mois d’inconfort.

En prendre une pour l’équipe, vous comprenez?

Pour en finir avec les frais de scolarité

Je suis un peu épuisé de voir le débat sur les frais de scolarité s’articuler sur la question de la valeur de l’éducation, sur l’investissement personnel que cette éducation est et sur la responsabilité de l’individu de voir à économiser et planifier les coûts que peuvent représentés des études universitaires.

Je vous le donne en mille, vous avez raison, l’obtention d’un bac, quelques soient le domaine d’étude augmente le salaire moyen. Statistiquement, le fait est indéniable, mais je ne m’avancerais pas sur les arguments économiques, plusieurs études ont montré les coûts rattachés à la hausse et leurs impacts sur l’économie. Référez-vous à ceux-ci pour leurs analyses si c’est ce que vous cherchez.

Non, aujourd’hui, je vous parle de droit.

L’éducation est-elle un droit? Bonne question, qu’est-ce qui définit les droits? Je vous avance ma réponse pour ce qu’elle vaut. Les droits sont l’ensemble des possibilités qui doivent être assurées à un individu afin qu’il puisse, de manière réaliste, atteindre son plein potentiel d’épanouissement. Un droit permet d’assurer qu’un individu qui met tout ses efforts dans une action puisse honnêtement espéré que cette action est lieu. La limite contraignante repose sur la primauté des droits qu’un droit risque d’opprimé.

Comment détermine-t-on la primauté des droits? Je vous l’ai dit précédemment, je suis un humaniste, donc je place l’homme et ce qui le définit à la tête de mes priorités.

Par exemple, le droit à la vie a préséance sur le droit à la liberté d’expression, si en t’exprimant, tu menaces la vie d’autrui ou leurs santés, nous pouvons te retirer ton droit de t’exprimer.

Vous comprendrez peut-être où j’en suis rendu.

L’éducation est un droit. Pourquoi? Parce que dans le monde où nous vivons, l’information et les connaissances sont devenues des prérequis à l’épanouissement de la vie professionnelle d’un individu et que l’apprentissage autodidacte n’est pas reconnu.

Dès lors, il n’est plus question d’enrichissement personnel versus enrichissement collectif, il est question de moralité.

Peut-on mettre un prix moral sur l’éducation? Malheureusement non. Il y a un prix acceptable, un prix de compromis, un prix qui permet à un peu tout le monde d’avoir accès à l’éducation sans que les frais de scolarité soient très contraignant, mais ce prix reste un obstacle pour les individus les plus marginaux de la société.

En acceptant la notion de droit, il faut alors se poser la question suivante :

Peut-on mettre un prix moral sur la liberté d’expression? Bien sûr que non, tous devraient avoir le droit de s’exprimer, peu importe leurs origines sociales, culturelles, ethniques ou économiques. Cependant, si chaque année on vous demandait 10 $ pour avoir le droit de vous exprimer, vous le payeriez. Probablement jugeriez-vous que c’est immoral, mais il y aurait des gens pour vous rappelez que d’avoir la possibilité de dire vos idées vous permet de gagner beaucoup plus que 10 $ dans votre année et donc que vous n’avez aucune raison de vous plaindre.

C’est gros? Je l’admets. C’est gros parce que toute notre vie, on s’est fait dire que l’éducation est un investissement, que ce n’est pas un droit. Alors que dans les faits, l’accès à l’éducation est presque aussi intimement lié à l’épanouissement personnel d’un individu que sa liberté d’expression. Être libre de dire ce qui nous convient, permet d’exprimer des idées qui nous sont propres, l’éducation permet de développer ces idées, de les questionnés et de les raffinés. L’éducation est majeure, car elle questionne comment nous pensons et nous agissons, mais aussi comment nous jugeons de nos actions. Oui, l’éducation permet d’augmenter le revenu d’un particulier, mais il permet aussi à cet individu de se bâtir un avenir à la hauteur de ses ambitions à condition qu’il si force. Un diplôme devrait se mériter à la volonté de l’étudiant à l’obtenir et à ses habilités pour y arriver, pas par le poids de son porte-feuille.

Pourtant, jamais au nom de l’économie un gouvernement n’oserait s’en prendre à la liberté d’opinion, jamais une population n’accepterait un tel argument. C’est presque ce que l’on s’apprête à faire. Avec la hausse qui s’en vient, nous, la société, déterminons qu’un droit est monnayable, c’est le pas que nous nous apprêtons à franchir et je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas encore prêt à le franchir.

J’espère que je ne le serais jamais.

Nietzsche en résumé

Un philosophe qui avait le Movember à coeur

Le thème de l’essaie porte sur la vision de Nietzsche des valeurs de partage et de pardon et sur ce qu’est la morale des faibles. Je trouve le résultat suffisamment satisfaisant pour qu’il soit pertinent de vous le partager. Amusez-vous et débattez!

À la fin du XIXème siècle, Nietzsche publie Par-delà le bien et le mal, un essaie dans lequel le philosophe attaque et déconstruit ce que sont les notions de bien et de mal. Au centre de sa réflexion: la critique de la notion de devoir, afin d’établir une notion de pouvoir. Ce filon se poursuit par la suite dans l’œuvre Généalogie de la morale, dans laquelle il fouille les origines et fondements de la morale contemporaine afin d’en démontrer les racines qui sont, selon son analyse, corrompues. De cette réflexion découle un questionnement peu conventionnel: quelle valeur a la morale. C’est à partir de cette question que Nietzsche jette les bases d’une nouvelle moralité qui s’oppose à la prépondérance de la ‘‘morale des faibles’’, une tendance dans laquelle le fort est soumis aux volontés de la masse, qui elle est, pour sa part faible, par sa nature humaine. Ce refus de l’autojustification de l’homme par l’homme transparaît également dans cette idéalisation de l’homme immoral, ou auto-moraliste, qui se présenterait comme un homme ayant détruit ses préconceptions afin de jeter les bases d’une morale nouvelle. Morale dans laquelle l’homme ne serait plus contraint par des idées comme le partage et le pardon, mais par des valeurs d’avancement et de progression individuel. En ce sens, Nietzsche se joint à des penseurs comme Nicholas Machiavelli et Sun Tzu dans une contestation des valeurs de pardons et de partage qui à leur sens apparaissent comme des valeurs démocratiques et donc par définition, valorisant les faibles.

Dans cette fronde contre la démocratie repose un choc entre deux perceptions profondément opposés. D’une part, la morale chrétienne classique et son propos égalitaire. Dans cette perception, l’homme se justifie puisqu’il est homme et à ce titre, tout homme est de valeur égale à un autre homme. Tout les hommes étant égaux, ils sont égalitaires en droit et en devoir, leurs pouvoirs se doivent donc de servir les intérêts collectifs. Nietzsche dénonce dans cette vision une instrumentalisation du fort pour les intérêts des faibles. Les faibles ne contribuant pas au bien-être du fort, le fort se voit donc brimé dans sa capacité créatrice afin d’éviter qu’il ne soit en position dominante sur les faibles. Afin d’assurer la perpétuité de cette situation, les faibles se seraient collectivement unis afin de construire une morale dans laquelle le bien-être individuel est sublimé au profit du bien-être de la collectivité. Dans sa morale immorale, Nietzsche construit une proposition dans laquelle l’homme rompt avec cette obligation démocratique de bien-être collectif afin de se concentrer sur une vision plus personnelle du mieux-être. L’homme ainsi défait de toutes redevances envers la collectivité, est au service de son seul avancement. Ainsi, seul les plus forts s’élèveraient dans leurs meilleurs intérêts. La protection de leurs intérêts par les forts demandant forcément que les faibles ne nuisent pas aux leurs, la morale ne serait plus dictée par une obligation d’assister son prochain, mais par l’intérêt du fort pour la conservation de sa position dominante et donc d’assurer la soumission et la satisfaction du faible dans un rapport de soumission à son avantage. Cette nouvelle morale seraient donc une morale plus vraie, plus juste, dictée par les intérêts des forts et par conséquence des faibles.

Afin d’établir cette nouvelle morale, il est important d’accepter la nature profonde de l’homme, une nature inéquitable et injuste dans laquelle tout les individus ne sont pas nés égaux et où les capacités ne sont pas similaire. Les dons n’étant pas distribués de manière équitable, l’égalité est donc un idéal qui demande le nivellement par le bas de tout individu au dessus de cette égalité. Les fondements moraux du christianisme indiquent pourtant l’homme comme égal face à Dieu, or, cette égalité est caduque car elle s’oppose aux dispositions naturelles de l’homme. Certains hommes n’étant plus à même d’assurer leur subsistance et leur progression, il est donc naturel pour ces individus de profiter de cet avantage afin d’améliorer leurs conditions. En ce sens, le fort exploitera le faible afin d’assurer la pérennité de son mieux-être, cette exploitation, réaction naturelle d’un fort face à un faible serait donc légitime puisqu’elle encouragerait le fort à consolider sa position. Il est cependant impossible de dissocier cette exploitation du principe d’agression car l’homme fort obtenant de l’exploitation un pouvoir de créer beaucoup supérieur, il devient inévitable qu’un autre individu, dans son désir d’augmenter ses capacités créatrices, tente de s’émanciper où encore de se substituer à l’homme fort. Afin d’éviter le détournement et la réappropriation de son pouvoir, le fort peut et doit être agressif vis-à-vis toute menace à sa position de pouvoir. Car non seulement celle-ci mine-t-elle sa capacité à diriger, mais de plus, il s’agit d’agression et donc d’affrontement, d’ou ressurgira l’homme le plus fort alors, le plus à même d’exploiter au mieux les pouvoirs que l’exploitation lui permet de se procurer. L’exploitation et l’agression étant naturelle dans la prise de pouvoir des forts, elle se constitue comme une action morale selon l’immoralisme de Nietzsche.

Or, si l’exploitation et l’agression sont une conséquence de l’état de l’homme, il faut convenir que l’homme a apprit au travers le temps à distinguer le droit, qui découle du devoir et de ce fait, qui repose pour sa part sur une capacité. En ce sens, la morale et l’immoralité sont profondément opposés: Nietzsche rejette la notion de droit, puisque celle-ci découle d’une perversion de l’homme par les faibles. Le pouvoir est une justification: si une action se peut et que celle-ci permet à l’individu d’augmenter ou de protéger sa capacité future à exercer un pouvoir, elle est morale. L’homme fort n’a donc comme seul devoir que d’assurer la pérennité et la continuité de son pouvoir. La morale constituée par des penseurs tel que Rousseau ou Kant est pour sa part une morale collectiviste, qui constitue des devoirs et des droits aux individus afin d’assurer la continuation d’une situation équitable favorisant le traitement égal de chaque homme et donc leur épanouissement. Au centre de cette opposition, une position radicalement opposée sur ce qu’est l’homme. Chez Nietzsche, l’homme ne possède aucun statut particulier, en ce sens, il ne possède pas de droit fondamental et il est tout à fait légitime de suivre le chemin qui lui apparaît adéquat afin de maximiser ses possibilités. Dans la morale dites des faibles, l’homme est par sa nature, un individu particulier aux potentialités multiples. Comme chaque potentialité est impossible à déterminer, il faut assurer la protection de ces potentiels car ceux-ci pourront, à terme, être ré-exploité par la collectivité afin d’en assurer la perpétuité. Réduire l’homme à des rapports de pouvoir et donc de domination représente donc une menace réelle à l’épanouissement collectif et donc individuelle car le moment où l’immoralisme échoue, c’est lorsque vient le temps de démontrer l’intérêt individuel du tous et chacun dans cette individualisme anarchique. Le rejet de la morale nie, par sa présupposée domination naturelle des forts, que certaines compétences ont une valeur bien que celles-ci ne puissent en aucun cas supporter un rapport de force quelconque. Dans l’immoralisme, ces compétences sont effacées si elles ne se montrent pas exploitable par le fort.

Ainsi, le pardon et l’entraide que Nietzsche condamne comme étant une vertue prônée par les faibles se justifie parfaitement dans une vision de progression collective. Cette progression collective que critique Nietzsche, parce qu’elle protège les intérets des faibles, assure également un avancement plus constant de l’humanité car la force est, par définition éphémère et inconstante, de se soumettre collectivement à ses dictats qui ne permettent pas d’assurer la pérennité de l’Homme. “La morale des faibles”, comme la nomme Nietzsche, est certainement une critique pertinente du dictat de l’égalité car elle rétablit, face à un humanisme égalitariste excessif, les faits que l’on ne peut ignorer: l’homme voit ses possibilités distribuées innéquitablement entre les individus de son espèce et tous ne sont pas dotés de capacités équivalentes. L’être humain s’est constitué en société démocratique afin de contrer la domination d’un individu sur ses semblables. Ces collectivités se construisent dans l’intérêt des masses et la cohésion de ces groupes passent inévitablement par des valeurs morales tels le pardon et l’entraide. Sans ces valeurs, les sociétés sont appelées à éclater, la résultante de cet éclatement ne serait donc pas la progression des individus de la collectivité, mais l’instabilité et l’incertitude. En assurant la préservation d’un maximum d’individus et la possibilité d’éclosion optimale de toute leur potentialité, l’homme prend le pari que l’ensemble des possibilités d’une collectivité soit plus grande que l’ensemble des possibilités d’un individu.

Il est indéniable que Nietzsche lance avec l’immoralisme une remise en question de la morale qui est nécessaire, voir même vitale. Cependant, sa vision du monde sous-tend un anarchisme qui, contrairement à un anarcho-coopérativisme, ne tente pas de construire une nouvelle collectivité optimisant les forces et faiblesses des individus qui la constitue mais il croit plutôt naïvement que par la soumission au désir de pouvoir de l’homme, celui-ci améliore collectivement sa condition. Or, la conservation du pouvoir par le fort passe inévitablement par l’affaiblissement de la collectivité, car le surhomme de Nietzsche, cet individu au-delà des valeurs morales, ne peut conserver son statut privilégié sans s’assurer que ce statut ne soit obtenu par d’autres individus. C’est l’exclusivité de cette condition au-dessus des autres qui assure donc la stabilité de ce statut. Collectivement, cette contrainte d’exclusivité du pouvoir s’oppose à l’épanouissement d’une multitude de capacités. Nietzsche propose de tout détruire afin de reconstruire différemment, je proposerais plutôt de détruire intelligemment: notre morale nous à permit de progresser et d’avancer. Le dogme de l’égalité à effectivement ces faiblesses car elle suppose de l’égalité des capacités. Cependant, à l’égalité, nous pouvons substituer une équité, fondée sur des droits communs inaliénables mais aussi sur des possibilités variées dont l’individu peut avoir les moyens d’exploitation dans la mesure où le développement de ses possibilités n’entrent pas en opposition avec le respect des droits inaliénables des individus.