Pour en finir avec les frais de scolarité

Je suis un peu épuisé de voir le débat sur les frais de scolarité s’articuler sur la question de la valeur de l’éducation, sur l’investissement personnel que cette éducation est et sur la responsabilité de l’individu de voir à économiser et planifier les coûts que peuvent représentés des études universitaires.

Je vous le donne en mille, vous avez raison, l’obtention d’un bac, quelques soient le domaine d’étude augmente le salaire moyen. Statistiquement, le fait est indéniable, mais je ne m’avancerais pas sur les arguments économiques, plusieurs études ont montré les coûts rattachés à la hausse et leurs impacts sur l’économie. Référez-vous à ceux-ci pour leurs analyses si c’est ce que vous cherchez.

Non, aujourd’hui, je vous parle de droit.

L’éducation est-elle un droit? Bonne question, qu’est-ce qui définit les droits? Je vous avance ma réponse pour ce qu’elle vaut. Les droits sont l’ensemble des possibilités qui doivent être assurées à un individu afin qu’il puisse, de manière réaliste, atteindre son plein potentiel d’épanouissement. Un droit permet d’assurer qu’un individu qui met tout ses efforts dans une action puisse honnêtement espéré que cette action est lieu. La limite contraignante repose sur la primauté des droits qu’un droit risque d’opprimé.

Comment détermine-t-on la primauté des droits? Je vous l’ai dit précédemment, je suis un humaniste, donc je place l’homme et ce qui le définit à la tête de mes priorités.

Par exemple, le droit à la vie a préséance sur le droit à la liberté d’expression, si en t’exprimant, tu menaces la vie d’autrui ou leurs santés, nous pouvons te retirer ton droit de t’exprimer.

Vous comprendrez peut-être où j’en suis rendu.

L’éducation est un droit. Pourquoi? Parce que dans le monde où nous vivons, l’information et les connaissances sont devenues des prérequis à l’épanouissement de la vie professionnelle d’un individu et que l’apprentissage autodidacte n’est pas reconnu.

Dès lors, il n’est plus question d’enrichissement personnel versus enrichissement collectif, il est question de moralité.

Peut-on mettre un prix moral sur l’éducation? Malheureusement non. Il y a un prix acceptable, un prix de compromis, un prix qui permet à un peu tout le monde d’avoir accès à l’éducation sans que les frais de scolarité soient très contraignant, mais ce prix reste un obstacle pour les individus les plus marginaux de la société.

En acceptant la notion de droit, il faut alors se poser la question suivante :

Peut-on mettre un prix moral sur la liberté d’expression? Bien sûr que non, tous devraient avoir le droit de s’exprimer, peu importe leurs origines sociales, culturelles, ethniques ou économiques. Cependant, si chaque année on vous demandait 10 $ pour avoir le droit de vous exprimer, vous le payeriez. Probablement jugeriez-vous que c’est immoral, mais il y aurait des gens pour vous rappelez que d’avoir la possibilité de dire vos idées vous permet de gagner beaucoup plus que 10 $ dans votre année et donc que vous n’avez aucune raison de vous plaindre.

C’est gros? Je l’admets. C’est gros parce que toute notre vie, on s’est fait dire que l’éducation est un investissement, que ce n’est pas un droit. Alors que dans les faits, l’accès à l’éducation est presque aussi intimement lié à l’épanouissement personnel d’un individu que sa liberté d’expression. Être libre de dire ce qui nous convient, permet d’exprimer des idées qui nous sont propres, l’éducation permet de développer ces idées, de les questionnés et de les raffinés. L’éducation est majeure, car elle questionne comment nous pensons et nous agissons, mais aussi comment nous jugeons de nos actions. Oui, l’éducation permet d’augmenter le revenu d’un particulier, mais il permet aussi à cet individu de se bâtir un avenir à la hauteur de ses ambitions à condition qu’il si force. Un diplôme devrait se mériter à la volonté de l’étudiant à l’obtenir et à ses habilités pour y arriver, pas par le poids de son porte-feuille.

Pourtant, jamais au nom de l’économie un gouvernement n’oserait s’en prendre à la liberté d’opinion, jamais une population n’accepterait un tel argument. C’est presque ce que l’on s’apprête à faire. Avec la hausse qui s’en vient, nous, la société, déterminons qu’un droit est monnayable, c’est le pas que nous nous apprêtons à franchir et je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas encore prêt à le franchir.

J’espère que je ne le serais jamais.

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2 réflexions sur “Pour en finir avec les frais de scolarité

  1. Le problème, c’est que la liberté d’expression implique pas que quelqu’un doit te servir pour que tu puisse exercer ton droit. Au contraire, pour exercer ton « droit » à l’éducation, tu dois obtenir le service de quelqu’un d’autre, et cela implique que la personne doit altérer sa liberté pour combler ton désir d’être éduqué. En société, les gens vont combler ton désir en échange de rémunération. Tu demande que la rémunération soit à la charge de quelqu’un d’autre, et tu affirme que cette charge là envers le reste de la société est ton droit; que tu as le droit de réclamer à la société qu’elle t’offre et te paie quelque chose. Tu obliges les autres à investir dans ton éducation plutôt que d’y investir toi même.

    Si je prouve pas qu’un est mieux que l’autre, je considère cependant que ton idée selon laquelle l’éducation est un droit tout comme la liberté d’expression est faut.

    Si la société décide de financer à 100% l’éducation post-secondaire, ce sera le choix de la population. Mais qu’on sorte dans les rues en criant « ça serait tellement mieux pour vous si vous payez notre éducation », ça sonne faux venant des principaux concernés. Anyway.

    Je considère pas que l’éducation soit un droit, malgré que je considère que l’éducation soit LE moyen #1 qu’une société a d’améliorer sa compétitivité internationale. Mais la gratuité pour tous, j’y crois pas, pour un paquet de raison pas spécialement économiques.

    • « Le problème, c’est que la liberté d’expression implique pas que quelqu’un doit te servir pour que tu puisse exercer ton droit. »

      Et bien dans ce cas j’aimerais savoir :

      Qui sont Journalistes Sans Frontière, la FPJQ, et je ne sais encore trop qui?

      Pourquoi chaque pays possède un journal publique?

      Quelle était la qualité de l’information avant la syndicalisation des journalistes?

      Combien tu penses que ça peut valoir d’avoir autre chose comme information que celle proposée par les slogans publicitaires?

      Car c’est bien parce que des tribunes sont offertes (par nos impôts) à une information complète et honnête que tu peux avoir une véritable opinion et donc une véritable liberté d’expression.

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